mercredi 15 juillet 2009

Maidanek


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Et je me demandais: comment des adultes, des hommes et des femmes comme vous et moi, peuvent tuer 960 000 enfants innocents - et dans le même temps, s'inquiéter pour leurs propres gosses lorsque ceux-ci attrapent la varicelle?

Ensuite, je suis allé dans les baraquements où ces enfants avaient passé leur dernière nuit, sans savoir ce qui me conduisait - à la recherche, je crois, de messages ou de signes témoignant de leur comportement face à la mort. Ils avaient griffonné des symboles sur les murs avec leurs ongles, un morceau de pierre ou de la craie - et le plus fréquent de ces symboles était le papillon.

J'ai vu ces papillons. J'étais très jeune, ignorante de tout. Je ne comprenais pas pourquoi des enfants de cinq, six, sept, huit ou neuf ans arrachés à leur maisons, à leurs parents, à la sécurité de leurs foyers et de leurs écoles, emportés dans des wagons à bestiaux jusqu'à Auswich, Buchenwald, et Maidanek, oui, pourquoi ces enfants voyaient des papillons. Il m'a fallu un quart de siècle pour trouver la réponse.

Maidanek fut le fondement de mon travail.


"La mort est une question vitale" d'Elisabeth Kübler-Ross


vendredi 10 juillet 2009

La Chambre


La chambre vide d'Edward Hopper

On croit se rencontrer, s'applaudir, se sourire, mais en réalité nous sommes comme des dômes de cristal, clos sur soi, sans aucune possibilité d'échapper à l'heure et au temps qui correspondent à notre vie. Autant de gouttes isolées !

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Le plancher craqua un peu plus fort, derrière eux, et ils virent en se retournant les deux personnes de tout à l'heure dans une posture franchement indélicate, la main de l'homme passant derrière la taille de sa compagne inespérée, laissant deviner un attouchement fort déplacé tandis que se marquait un sourire assez insolent sur le visage maquillé de celle qui s'y livrait avec un air de plaisir à peine dissimulé dans ses yeux. Marlène, excédée, hâta le pas en accédant à la dernière partie de la rétrospective.


La Chambre de Jean-Clet Martin


mercredi 1 juillet 2009

Chairâmi


llustration de Cali Rézo

IL effleure l'auréole de mes seins
Titille leur bouton comme une abeille
Glisse sur mon nombril pour l'écouter bourdonner
D'une aine à l'autre dessine un triangle des Bermudes où se perdre
S'immisce entre mes cuisses pour y décacheter le sceau
Se laisse saisir par des lèvres accueillantes
Y déploie ses talents de charmeur de serpent
Magnétise ce pistil indécent
Le fait tanguer et s'ouvrir
Garde en mémoire le cheMain de la fontaine
S'y baigne avec délectation
Enclavé en mes reins, ne déserte jamais Mon Il,

mon Homme.


Chairâmi de Eva Lunaba









Eva Lunaba est aussi une liseuse. Ecoutez ci-dessus un extrait de "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" de Stephan Zweig"

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