
Découvrez Charles Aznavour!
Le blog de Bernard Fauren


Dans mon appartement, je me couche par terre, je pense à mon livre qui m'a échappé, il n'y a pas de beau livre, je ne peux plus écrire, j'ai cessé depuis longtemps d'y songer, sans raison, aucune phrase ne me vient à l'esprit. Moi qui était si sûre qu'il existait et que je le trouverais pour Ivan. Aucun jour ne viendra, les hommes ne seront jamais, la poésie ne sera jamais ni les hommes, les hommes auront des yeux sombres, tout noirs, c'est de leurs mains que viendra la destruction, c'est la peste qui viendra, et cette peste qui est en eux tous, qu'ils ont tous contractée, les emportera bientôt, ce sera la fin.
A Bénarès, il est une rue qui descend doucement en serpentant,
Une artère où se répète chaque jour un événement extraordinaire.
Le soir venu, à l'heure où la nuit se pose, où la lumière des échoppes
Fait briller bracelets, pans de soie, et ustensiles variés,
Les habitants de la cité rentrent chez eux, empruntant
Les nombreux rickshaws qui descendent le long de cette avenue.
Les vélo-rickshaws de Bénarès ont une particularité étonnante,
Une sonnette placée sur la roue qui, par l'effet des rayons venant la frapper,
Produit quand on l'active une sonnerie continue et harmonieuse.
Du flot incessant des conducteurs de rickshaws avertissant de leur présence
Se répandait alors un carillon qui inondait la nuit de sa pureté,
Et remplissait la rue d'une atmosphère sonore féerique à nulle autre pareille.
Là, dans cette rue tout près du Gange sacré,
Des hommes simples, parmi les plus pauvres,
Nous offraient par le simple fait de pédaler
Une nuée de sons, cascades et tintinnabulements,
Composant une symphonie
Dont la splendeur ravive encore aujourd'hui ma mémoire endormie.
La musique céleste des rickshaws-wallahs de Bénarès.
Nous avons discuté, deux mots chacun. Il n'a pas voulu que je le prenne en photo, il avait secoué la tête quand je me suis intéressé à lui. Je lui ai demandé pourquoi il semblait si triste. Il m'a juste regardé fixement. J'ai pris la photo et il s'est mis en colère. J'ai regardé ses yeux, incliné la tête et je suis parti. De la voiture, je me suis retourné, il m'observait étrangement.
C'est toujours dans leurs yeux - leur histoire est cachée là.
Maneesh
“Il se leva debout” (Hugo, Les Misérables), “Je dirai qu’une femme ne doit jamais écrire que des oeuvres posthumes à publier après sa mort” (Stendhal, De l’amour), “Jamais les larmes de mon ami n’arroseront le noeud qui doit nous unir” (Rousseau, La Nouvelle Héloïse), “Quatre mille Arabes couraient derrière (un chameau), pieds nus, gesticulant, riant comme des fous, et faisaient luire au soleil six cents mille dents blanches (Daudet, Tartarin de Tarascon), “D’une main il leva son poignard, et de l’autre il lui dit…”(Ponson du Terrail), “Je m’en vais mettre les fers au feu pour tirer les vers du nez de Mme Barbançon afin de voir ce qu’elle a dans le ventre ! “(Eugène Sue, Les Sept pêchés capitaux), “Ah ! dit Don Manoel en portugais…” (Dumas, Le Collier de la reine), “Oui, oui, nous partons, dit Pierre, qui se détourna, cherchant son chapeau, pour s’essuyer les yeux.” (Zola, Lourdes)…
Les Mille et une Nuits - Kay Nielson
photo: Panchakroshi de Bénarès - novembre 2007