mardi 13 janvier 2009

Le Canapé Rouge


Je buvais un thé sombre et amer en tentant d'apercevoir un peu du paysage que les rideaux tirés dissimulaient. Toujours la même chose et pourtant j'avais en permanence l'impression qu'il était différent, inattendu presque. Immensité sans borne où s'effaçaient mes propres limites, où je perdais ce sentiment d'éloignement qui donne un peu de vertige, d'appréhension. Je m'oubliais, ou plus exactement j'étais happée, étourdie, envivrée par cette sorte de solitude qu'engendre le voyage, cet oubli momentané des habitudes, des repères.



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dimanche 11 janvier 2009

Serre-moi fort... j'ai froid !


M'hammed B. Larbi

Avant ce jour terrible, je nageais en plein bonheur, bien à l’abri dans un univers aquatique, partageant mon temps entre le sommeil et les jeux que me proposait ma maman. Je ne comprenais pas très bien ce qui se passait dehors: l’enfer, le paradis, les hommes, les lois, la différence, la culture... Cela ne signifiait pas grand-chose pour moi, pas plus que la notion de temps. Un foetus de quelques jours n’en a pas besoin. A quoi bon? Il n’est en quête de rien. Il a tout pour être heureux. Ce qui comptait pour moi, c’était la musique...».



Découvrez Isabelle Aubret!

samedi 10 janvier 2009

Mundélé


Je n'ai pas envie d'atterrir à Bruxelles.
L'avion a déjà tourné deux fois au-dessus de l'aéroport national de Zaventem et je rêve qu'en raison de l'encombrement des pistes, on repart pour le Congo me déposer près du village des pygmées Babingas et que je me reccueille sur la tombe d'Aimée Bizi Bazouma...
Aimée.
Depuis le décollage, je pense à elle, avec une intensité qui me fait mal.
Rien qu'en fermant les yeux, je la vois, avec le réalisme des mondes virtuels; je n'ai qu'à tendre la main pour la toucher...
Mais laissez-moi vous raconter mon histoire...Je m'appelle Willy Thijs, j'ai 23 ans et je suis agent territorial pour le gouvernement belge au Congo...


Mundélé


Découvrez Dobet Gnahoré!

vendredi 9 janvier 2009

Malina


Dans mon appartement, je me couche par terre, je pense à mon livre qui m'a échappé, il n'y a pas de beau livre, je ne peux plus écrire, j'ai cessé depuis longtemps d'y songer, sans raison, aucune phrase ne me vient à l'esprit. Moi qui était si sûre qu'il existait et que je le trouverais pour Ivan. Aucun jour ne viendra, les hommes ne seront jamais, la poésie ne sera jamais ni les hommes, les hommes auront des yeux sombres, tout noirs, c'est de leurs mains que viendra la destruction, c'est la peste qui viendra, et cette peste qui est en eux tous, qu'ils ont tous contractée, les emportera bientôt, ce sera la fin.

Malina




jeudi 8 janvier 2009

Bénarès

A Bénarès, il est une rue qui descend doucement en serpentant,
Une artère où se répète chaque jour un événement extraordinaire.
Le soir venu, à l'heure où la nuit se pose, où la lumière des échoppes
Fait briller bracelets, pans de soie, et ustensiles variés,
Les habitants de la cité rentrent chez eux, empruntant
Les nombreux rickshaws qui descendent le long de cette avenue.
Les vélo-rickshaws de Bénarès ont une particularité étonnante,
Une sonnette placée sur la roue qui, par l'effet des rayons venant la frapper,
Produit quand on l'active une sonnerie continue et harmonieuse.
Du flot incessant des conducteurs de rickshaws avertissant de leur présence
Se répandait alors un carillon qui inondait la nuit de sa pureté,
Et remplissait la rue d'une atmosphère sonore féerique à nulle autre pareille.
Là, dans cette rue tout près du Gange sacré,
Des hommes simples, parmi les plus pauvres,
Nous offraient par le simple fait de pédaler
Une nuée de sons, cascades et tintinnabulements,
Composant une symphonie
Dont la splendeur ravive encore aujourd'hui ma mémoire endormie.
La musique céleste des rickshaws-wallahs de Bénarès.


Alain Joly



mercredi 7 janvier 2009

L'histoire se lit dans ses yeux

















Nous avons discuté, deux mots chacun. Il n'a pas voulu que je le prenne en photo, il avait secoué la tête quand je me suis intéressé à lui. Je lui ai demandé pourquoi il semblait si triste. Il m'a juste regardé fixement. J'ai pris la photo et il s'est mis en colère. J'ai regardé ses yeux, incliné la tête et je suis parti. De la voiture, je me suis retourné, il m'observait étrangement.

C'est toujours dans leurs yeux - leur histoire est cachée là.
Maneesh



Découvrez Ravi Shankar!

dimanche 4 janvier 2009

Roxane Tulkens publie à 16 ans son premier recueil de poèmes


Si tu passes,
Si tu lis,
Si tu te dis,
Que tout ce que j’écris,
Est vraiment pourri,
Alors laisse quand même un commentaire,
j’aime tellement exister, peut importe si c’est pour être aimée
ou détestée…
.
Si tu passes,
Si tu lis,
Si tu te dis,
Que tout ce que j’ai marché,
Eh bien franchement, ça te plait,
Pourquoi ne pas me l’écrire ? Sais-tu que parfois
même trois mots font plaisir ?...
.
Si tu passes,
Que tu ne veux pas lire,
Que tu n’aimes pas rire,
Que tu ne veux pas me faire sourire,
Que tu veux juste mourir,
Alors bienvenue dans mon état d’esprit, mais ce n’est
le meilleur, je te le dis,
Je t’en prie, même si tu n’as pas trop envie, souris…
.

mercredi 31 décembre 2008

“L’art de ne pas se relire” lu sur le blog d'Assouline

“Il se leva debout” (Hugo, Les Misérables), “Je dirai qu’une femme ne doit jamais écrire que des oeuvres posthumes à publier après sa mort” (Stendhal, De l’amour), “Jamais les larmes de mon ami n’arroseront le noeud qui doit nous unir” (Rousseau, La Nouvelle Héloïse), “Quatre mille Arabes couraient derrière (un chameau), pieds nus, gesticulant, riant comme des fous, et faisaient luire au soleil six cents mille dents blanches (Daudet, Tartarin de Tarascon), “D’une main il leva son poignard, et de l’autre il lui dit…”(Ponson du Terrail), “Je m’en vais mettre les fers au feu pour tirer les vers du nez de Mme Barbançon afin de voir ce qu’elle a dans le ventre ! “(Eugène Sue, Les Sept pêchés capitaux), “Ah ! dit Don Manoel en portugais…” (Dumas, Le Collier de la reine), “Oui, oui, nous partons, dit Pierre, qui se détourna, cherchant son chapeau, pour s’essuyer les yeux.” (Zola, Lourdes)…

lu sur le blog d'Assouline

dimanche 21 décembre 2008

La 107 ème nuit

Les Mille et une Nuits - Kay Nielson
Et le vizir continua: "Car, ô roi, comment pourrais-je jamais te parler dignement de ses yeux aux paupières de couleur brune, de ses cheveux, de sa taille si fine qu'elle en est invisible, de la lourdeur de ses hanches et de ce qui les soutient et les arrondit ? Par Allah ! nul ne peut s'approcher sans rester en arrêt, comme nul ne peut la regarder sans mourir ! Et c'est d'elle que le poète a dit:
"O vierge au ventre d'harmonie ! ta taille mince défie le rameau pliant du jeune saule et la sveltesse même des peupliers du paradis !
Ta salive est miel sauvage ! Ah! de ta salive mouille la coupe et dulcifie le vin, puis donne-le-moi, ô houria. Mais surtout, je t'en conjure, ouvre tes lèvres et réjouis mes yeux de tes perles ! "


musique surprise


samedi 20 décembre 2008

Le magasin aux cents fleurs de Corée - Benjamin Joinau

photo: Panchakroshi de Bénarès - novembre 2007

L'attente, toujours l'attente, sans cela pas de voyage, n'est-ce pas ?
Voyager, c'est s'engager dans un espace mental où l'attente a sa place, où elle n'est pas une tension entre deux états, un temps perdu, une parenthèse, un manque, mais une expérience à part entière. Attendre, c'est se livrer au temps qui passe, à l'arbitraire du temps qui passe en vous emportant, lentement. C'est recevoir tout ce qui vient, infimes détails, micro-rencontres, saynètes de la vie quotidienne, tout ce qui vous tombe sous l'oeil et qui ne serait jamais offert sans cela. Dans l'attente, il y a parfois cela aussi que l'on trouve sans l'avoir cherché, ce moi qui attend et qui ne le sait pas, qu'il attend toujours.


Benjamin Joinau
découvert grâce à la librairie Le Sphinx à Grenoble

musique surprise

vendredi 19 décembre 2008

Muriel Cerf



J'ai vu Devi l'épouse de Çiva laver sa culotte dans les fontaines de Katmandou, Kâli la noire s'épouiller avec la minutie d'une mère babouin, Radhâ la bergère chiquer le bétel et cracher par terre des jets de salive rouge, les bayadères d'Angkor continuer leur ronde déhanchée à Bangkok le long de Patpong Road et faire le tapin à Klong Toï, j'ai filé cent baths à Lakshmî sortie de sa mer de lait pour me masser le dos au Takara Palace, j'ai croisé le fatal regard de la princesse Sita parmi les beautés en cage d'un bordel de Bombay, les apsaras de Khajurâho ont dansé rien que pour moi et j'ai pénétré dans le gynécée de Siddhârtha avant qu'il ne devienne Bouddha quand il veillait encore sur le sommeil de ses femmes...
L'Antivoyage

mercredi 17 décembre 2008

André Peter marionnettiste



Extrait d'un spectacle donné le 17 décembre 2008 pour un centre aéré à Montbonnot près de Grenoble.
André Peter a aujourd'hui 83 ans, et il joue avec toujours autant de bonheur.
Dans ce spectacle, je ne joue pas, je fais juste le bruitage... en même temps que je prenais ces images (rire)

samedi 13 décembre 2008

Le Darshan d'Amma

" Cliquer sur le petit rectangle à gauche de l'icone Google pour voir plein écran

vendredi 12 décembre 2008

Amma Bhajan



le darshan de Amma: elle a déjà embrassé 26 millions de personnes à travers le monde.

Un darshan peut durer jusqu'à 22 heures !